mardi 18 janvier 2011

Lyon la lyonnaise

Au sud, Oullins, banlieue cheminote : un balcon, le couloir de la chimie, une boutique Phildar, le bus 63 et son trottoir me restent en mémoire. Cette impression étrange, aussi, jamais rééprouvée depuis, de rentrer chez soi sans être chez soi.

On remonte le Rhône, voici Pierre-Bénite et sa station-service.

Le confluent, aujourd'hui aménagé, hier sombre lieu, halles, prison, prostitution, friche à l'intérieur de la ville, Perrache.

Le pont qui mène à l'avenue Berthelot, que je déteste.

Lyon 2, la rue de l'université, Lyon 3. A la bibliothèque de Lyon 3 j'ai travaillé 3 mois et à la fin de ce contrat, jolie parenthèse, une bibliothécaire m'a offert un livre qu'elle avait volé dans les réserves de Lyon 2.

La nuit, les Universités font face à l'Hôtel Dieu, le Rhône serait plus étroit on se croirait à Paris.

Puis les façades des immeubles chics donnant sur le Rhône. Le parfait alignement des fenêtres, la superbe sobriété du blanc, un peu de bleu de ci de là, mais rien d'autre : des murs, et des fenêtres (Quand on pousse les portes, c'est décrépit, c'est sale, gris et humide. Les immeubles lyonnais sont très lyonnais).

Lyon est une petite ville qui se donne facilement.

Il y aussi les escaliers. Chaque rue arpentée, chaque porte ouverte, chaque escalier envisagé, et de temps en temps, lumière de hasard, juste temps de pose, une belle photo, mais partout des lieux et leur histoire.

Sur la presqu'île, la place Bellecour et sa statue équestre, qui permet aux Lyonnais de se donner des rendez-vous sous la queue du cheval, et tout le monde comprend.

La place des Terreaux, la rue Sainte-Catherine et la rue Sainte-Marie des Terreaux. Le quartier de la soie encore pauvre, encore industriel, vaguement underground. Les chiches kebab, les interdits et leurs illusions.

La place du sergent Blandan, où se trouvait l'unique bar lesbien de la ville ; il s'appelait, non ce n'est pas une blague : l'escalier.

Les pentes de la Croix-Rousse, et le boulevard, et de là-haut, la merveille, ce spectacle dont je ne me lasse jamais : les toits de la ville de Lyon.

Plus au nord, le Rhône, encore, on s'y baignait là, près d'une carrière de graviers.

Et aussi, à l'ouest la Saône et Saint-Jean le dimanche, avec ses traboules et ses touristes, juste à côté Saint-Georges, désert, brumeux ; à l'est Villeurbanne et ses grattes-ciel, si beaux.

J'écris ce texte, j'essaie de relier les lieux aux souvenirs, d'en faire quelque chose qui me donne le sourire, une nostalgie : ici, un visage, là, un livre volé, une anecdote… Mais non : la solitude, la drague, la provoc' à deux balles, ce n'est pas les Nuits Fauves non plus, je suis une femme sage, mais c'est peu glorieux, c'est même assez sombre.

Non. Ce que j'aime vraiment à Lyon, ce qui me fait presque danser de joie quand je me promène avec les enfants et que je leur dis "Regarde !", c'est Lyon. C'est la ville et c'est le Rhône.

5 commentaires:

  1. C’est curieux car c’est comme cela que je l’imagine cette ville. Grande et petite à la fois, industrielle et escarpée, vivante et dans l’ombre. Je la voie en noire, en blanc, en gris, en chuchotements et tintamarres. Tu sais, je me rends compte que je n’ai jamais, non plus, mis les pieds à Marseille.
    Et ce livre ?

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  2. Je serai bien en peine d'écrire quoi que ce soit sur Marseille, que je connais si mal, tiens !
    Oui, le livre : Fred Vargas, à cause de Jean-Baptiste Adamsberg le pyrénéen. Mais tu dois sûrement déjà connaître, comment lui avoir échappé, à Fred Vargas, ces derniers temps ?

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  3. Ou alors, tu parlais du livre volé ?!

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  4. La sexualité dans l'art occidental. On n'est pas loin des Nuits fauves...

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