lundi 24 janvier 2011

Odeurs

Il y avait ton parfum samedi prés de la gare Montparnasse, il est passé quelques secondes devant l’arrêt du 28 et s’est dissipé, peut être par la rue du Départ. Cette fragrance issue, je ne sais, d'un flacon, d’un savon, d'une crème, toujours est-il  que j'ai préféré rentrer à pied, continuer à respirer dans la ville.

Au pire je pourrai toujours attraper le 62 à Alésia, voir le 88 bien plus haut. J'ai coupé par la Rue d'Odessa, sur un parcmètre un billet qui annonçait une dédicace de Tonino Benacquista, ce jour, cette rue.  Dans la librairie, à quelques pas, il est là, immense, en pardessus noir, il arrange des piles de livres et derrière son comptoir, la libraire soupire, s'ennuie. Je fais quelque pas mais comme je n'ai rien à lui dire, avant qu'il n'achève son sourire en me voyant, qu'il n'ouvre la bouche, je suis sorti (si dans son prochain bouquin un personnage entre dans une librairie pour en sortir aussitôt, faudra pas chercher d'où vient l'inspiration).

J'arrive dans mon ancien quartier, rue Vercingétorix, je passe devant l’ancienne nounou, devant la vitrine du coiffeur, un enfant est grimpé sur plusieurs annuaires, on y vend toujours des k7 vidéos de comédies musicales indiennes ou malgaches comme le type qui coiffe ici depuis des années en attendant peut être un jour de pouvoir rentrer chez lui.

Il y a d'avantage de boutiques immobilières, d'opticiens, le bouquiniste à disparu, ils ont élargi les trottoirs, il y a toujours autant de monde. Les dealers sous leurs capuches, la crèche de Claire sous son drapeau et puis, la nuit et la pluie ensemble, je part en diagonale jusqu'à la rue des Plantes, je fais un tour dans la boutique photo d'occasion, par principe, pour le plaisir de regarder ce bazar, puis, plus loin, de l'autre côté, devant le collège de Claire, je prends le bus.

4 commentaires:

  1. Régulièrement, je vais dans mon ancien quartier, et j'y regarde les gens, les boutiques, les immeubles, les cafés ; j'entre chez Cathy Coiffure, nous nous claquons la bise, qui aurait dit qu'un jour j'embrasserais ma coiffeuse, je passe à la librairie, j'y ai toujours un compte, je vais m'asseoir à la terrasse du Myanis dont le patron aime tellement les enfants et Alger. Je reste là un moment, je fais l'école buissonnière, et toujours, toujours j'espère croiser un homme, échanger quelques mots avec lui, qu'il me serre la main en me regardant comme si j'étais unique, et lui redire pour la 53ème fois au moins "merci, merci", oh "merci". Mon psy.

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  2. Tu me fais alors remarquer, que parmi tous les endroits où j'ai pu passer, il y en a quelques uns où je n'ai personne à attendre.

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  3. "L'identité fatale de l'amoureux n'est rien d'autre que : Je suis celui qui attend." Roland Barthes, toujours

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  4. Oui c'est cela. Mais il y a des endroits, pas beaucoup, qui ne sont pas associés aux personnes aimées, ou en tout cas de celles que l'on attend toujours.

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