Alors ce n’est peut être pas la première photo, peut être pas non plus la première pellicule, mais nous n’en sommes pas très loin, ne chipotons pas.
J’ai retrouvé une photo prise de l’appartement à Auxerre, depuis la fenêtre du salon où l’on peut voir la cathédrale et surtout des fils électriques qui traversent le ciel, une autre, d’un endroit plus reculé de la ville, un coin de verdure abandonné, repère de la faune sauvage et urbaine où parfois venaient aussi brouter des chevaux. Sous exposée.
Mais sans date, sans explication, alors mon premier souvenir photographique me ramène plutôt à Paris, les quelques jours ou la Seine est sortie de son lit pour venir lécher les lampadaires, les jours de fac, où j’ai pris mon temps, la peine, de regarder un peu autour de moi.
Et d’ailleurs n’est-ce pas toi, devant ce lampadaire, dans cet escalier ?
N’avons-nous pas échangé une cigarette, quelques impressions, ne nous sommes pas demandés de concert où pouvaient maintenant se former les couples, le soir, ceux qui d’habitude se retrouvent sur les quais, dans l’ombre de la ville ?
N’avons-nous pas pris un café au Panis à l’ombre de sa bibliothèque pour parler de livre, murmurer des titres en vérifiant l’effet que cela pouvait avoir sur l’autre, ne nous sommes pas moqué des airs pincés des serveurs, des touristes qui parlent trop fort, n’avons-nous pas regretté, un instant, juste un instant, après avoir mangé, juste après avoir mangé, juste à ce moment, quelque part, que l’hôtel de Lauzun, si proche, si tentant, ai les pieds dans l’eau, enfin, oui mais non….
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