lundi 28 février 2011

1995

C'est en janvier 1995, la Seine est montée, la Seine a grossi, la Seine a crû. Je photographie, ici, là, cela fourmille de sujets mais rien à faire, l'eau est boueuse, la lumière est aussi marron que l'eau, rien n'accroche.

Tu es là, tu prends des photos, tu t'approches.

Que me veux-tu ? Une cigarette, un peu de feu. Tu hésites, tu te lances, oui j'ai deux boîtiers, un en noir et blanc, l'autre pour la couleur, on n'a pas encore inventé le numérique tu sais, et non, je n'aime pas spécialement les canards sinon confits. Tu as l'air un peu déçu.

De nouveau, quelque chose dans mon regard méfiant, dans mes yeux qui ne sourient pas, dans mes bras croisés qui verrouillent tout, surtout, te fait hésiter, incertain, puis renoncer : tu regardes l'hôtel, tout près, tu souris un peu, tu t'en vas.

Et moi je te regarde partir, je pense "Drôle de type, attentif, jolies fesses", et je me sens un peu triste.

On est en 1995 et en 1995 c'est non. Peut-être plus tard, peut-être, oui mais non.

1 commentaire:

  1. J'aime beaucoup cette photo. Mais faudrait voir, avec des cygnes à la places de ces saletés de canards.

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