Je ne suis pas loin. Si je posais un doigt, pour modifier la pente, je pourrai peut être l'attirer vers moi, au risque de la voir se perdre contre ma peau, se diluer et disparaître, au risque aussi de m'y noyer.
Si je posais un doigt, je risquerai de la voir rouler de l'autre côté, dans une autre direction, et disparaître.
Alors je bouge le moins possible, je retiens mon souffle, j'évite de parler, de dire n'importe quoi.
Je la regarde, et au-delà de mon reflet, bien au-delà, elle me devient claire et limpide, elle se distingue de mille façons, des couleurs qu'elle porte, qu'elle laisse autour d'elle, qui rendent le reste terne.
Je ne dis rien, elle me donne soif, je reste silencieux, je lui souris simplement, je l'admire, elle est là.
Mais si je posais un doigt...

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